Russie : comme en 2008 ?

Comment ne pas se souvenir de la formidable prestation de la Russie en 2008 ? Déjouant tous les pronostics avec un Arshavin au sommet de son art, la Russie s’était finalement inclinée aux portes de la finale face à l’Espagne. Aujourd’hui, les Russes ont pour ambition de jouer de nouveau les trouble-fêtes. Problème : quatre ans se sont depuis écoulés et l’effectif est vieillissant. De plus, ils ont à cœur de faire oublier l’énorme désillusion de Maribor en 2010 où la Slovénie les a privé d’un voyage en Afrique du Sud.

J-1 avant leur entrée en lice demain soir à Wroclaw face à la République Tchèque dans cette 14ème édition du championnat d’Europe. Pensionnaires du groupe A, ils affronteront également la Grèce et la Pologne. Autant dire que les Russes partent favoris de cette poule et devraient donc s’en sortir assez facilement. Là n’est pas le soucis. Cette équipe devrait s’appuyer sur un collectif qui s’est solidement rodé durant ces qualifications où ils se sont presque baladés. De plus, leur récente sortie face à l’Italie a rassuré les supporters qui espèrent quelque peu rééditer la performance de 2008, à savoir atteindre le dernier carré. D’ailleurs, l’ancien taulier de l’équipe, Sergeï Semak, y croit. Mais peut-elle vraiment y arriver ? Quels sont les points forts de cette équipe ? Quels en sont ses faiblesses ? Décryptage.

La liste des 23

© L’Équipe.fr

Equipe-type (4-3-3)

Malafeev ou Akinfeev – Anyukov, Ignashevich, A. Berezutskiy, Zhirkov – Shirokov, Denisov, Zyryanov – Dzagoev ou Izmailov, Kerzakhov, Arshavin.

Gardiens

L’équipe nationale pourra se reposer sur deux grands gardiens de qualité : Vyacheslav Malafeev et Igor Akinfeev. Bénéficiant de la grave blessure aux ligaments croisés de l’habituel titulaire, Malafeev, champion avec le Zénith, s’est réinstallé cette saison dans les buts. Toutefois le retour du talentueux portier du CSKA Moscou en cette fin de saison laisse planer le doute sur l’identité du titulaire pour le tournoi. Ils ont ainsi chacun joué trois mi-temps lors des 3 matchs de préparation.  À l’heure actuelle, Dick Advocaat n’a toujours pas tranché. Quoi qu’il en soit, ces deux gardiens expérimentés connaissent les grandes compétions internationales et continentale et ce sera donc un atout majeur pour la sélection russe.

Défense

Le sélectionneur va devoir composer avec une charnière centrale quasi-inédite pour toute la durée de cette compétition. Alors qu’on devait retrouver le classique duo Sergei Ignashevich – Vasili Berezutskiy, ce dernier a dû déclarer forfait, suite à une blessure contractée lors du premier match de préparation face à l’Uruguay. Du coup c’est son jumeau, Aleksei Berezutskiy, qui le remplacera. Si cette charnière 100% CSKA ne devrait pas trop poser de problèmes au niveau de l’entente, elle apparait tout de même comme étant clairement le point faible de cette équipe. Elle est bien trop lourde, la vitesse fait cruellement défaut à ces deux grands gaillards. Gare aux adversaires rapides lancés dans la profondeur et autres petits gabarits.

Dans les couloirs, Anyukov et Zhirkov sont deux valeurs sûres et sauront apporter leurs qualités techniques aux phases offensives de l’équipe. Leur rôle est d’autant plus important que l’équipe jouant avec 3 milieux plutôt axiaux, la possibilité de créer le surnombre sur les côtés reposera en partie sur eux. Cependant, cela fragilise encore plus la défense qui, avec les nombreuses montées de ses latéraux, risque de s’exposer à des contres dévastateurs.

Milieu

La Sbornaïa évoluera avec un milieu de terrain 100% Zénith qui a largement fait ses preuves en championnat. Devant la défense, Igor Denisov, désigné meilleur joueur de la saison dans son championnat, est le pilier de l’équipe, celui qui assurera la récupération et le lancement des offensives de l’équipe. Dans une position plus avancée, le duo Zyryanov – Shirokov, est chargé de presser au maximum l’adversaire, de faire avancer le bloc-équipe et de monopoliser le ballon tout en essayant de ne pas ralentir le jeu. La possession de balle est en effet un des points forts de ce collectif. Ce milieu de terrain à la fois solide, technique et polyvalent est une des plus grosses armes de Dick Advocaat. Mais comme l’a montré le match amical face à la Lituanie, à force de garder le ballon, les trois joueurs ont parfois du mal à trouver les attaquants, faute de mouvement, surtout quand ça bétonne dur en face. Il ne serait ainsi pas étonnant de voir une Russie qui multiplie les passes autour de la surface, sans réussir à se créer de véritables occasions nettes.

Attaque

Devant, ils pourront s’appuyer sur un Alexandr Kerzhakov en pleine forme, auteur d’une très grosse saison avec le Zénith, pour mener le front de l’attaque. Il sera épaulé par deux joueurs très techniques et créatifs, Alan Dzagoev à droite, et Andrey Arshavin à gauche, le capitaine de cette sélection. La réussite de leur équipe dépendra beaucoup d’eux, et tout particulièrement de celle d’Arshavin qui s’engage dans cet Euro au terme d’une saison très compliquée et décevante. Il faut dire que le bonhomme n’a jamais retrouvé le si grand niveau affiché lors du championnat d’Europe précédent.

Dans ce 4-3-3, Arshavin et Dzagoev auront pour rôle de repiquer ou de faire le deuxième attaquant pour aider Kerzhakov. Pour éviter de tomber dans un jeu trop étroit, les deux latéraux seront indispensables dans leurs montées. Zyryanov et tout particulièrement Shirokov, joueur le plus décisif du championnat russe, pourront et devront aussi se rapprocher de la surface adverse pour y créer le danger.
Dzagoev sera en concurrence avec Izmailov, de retour dans cette sélection après 5 ans d’absence, et le jeune attaquant gauche Kokorin, désigné meilleur espoir du championnat.

Autres remarques

La sélection russe devra faire attention à ses baisses de régime en cours de match qui risquent d’être fatales, surtout quand on sait que l’effectif est composé de 21 joueurs qui ont 15 mois de championnat russe dans les jambes, du fait du passage d’un calendrier estival à un calendrier hivernal.

La Russie est la deuxième équipe la plus âgée avec une moyenne de 28,34 ans. Mais Advocaat a quand même apporté un peu de fraîcheur dans cette sélection à l’image de ces joueurs quasi-inexpérimentés tels que les défenseurs remplaçants Granat et Nababkin et le jeune attaquant Kokorin.

Meilleur parcours en Championnat d’Europe : vainqueur (1960 en tant qu’URSS), demi-finaliste (2008).

Parcours envisageable

La Russie devrait facilement sortir de son groupe assez faible. C’est après que les choses se corsent car les qualifiés du groupe A affronteront ceux du B, le groupe de la mort composé de l’Allemagne, des Pays-Bas, du Danemark et du Portugal. Le ticket pour le dernier carré sera certainement très compliqué à décrocher. L’aventure ruskov risque fort de s’arrêter en quarts.

À lire pour plus de détails : zonalmarking.net

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