La révolution parisienne

Pierre-Yves Beaudouin PSG

Delannoy, Krahn, Horan, Dali, Bresonik, Cruz
Kaci, Houara, Pons, Asllani, Boulleau.

Le Qatar fait les choses en grand dans le foot. Surtout au Paris Saint-Germain. Il amène des stars, il fait plaisir à ses supporters, il vend du rêve et il est même gentleman. En effet, la section féminine du club a aussi droit aux investissements et aux grandes ambitions des Qataris.

Avant l’arrivée de Qatar Sports Investments, le Paris Saint-Germain était un bon club sur la scène féminine française, mais sans plus. Loin derrière l’OL et Juvisy pendant plusieurs années, le club a tout de même vu passer dans ses rangs de talentueuses joueuses comme Élise Bussaglia, élue meilleure joueuse de D1 en 2011, ou Camille Abily aujourd’hui dans le top cinq des meilleures footballeuses du monde. Depuis 1971, la section féminine du PSG a progressé de saison en saison jusqu’à décrocher en 2010 une troisième place en championnat ainsi que son premier titre, un Challenge de France, équivalent de la coupe de France. Les parisiennes jouaient leurs matchs à Saint-Germain-en-Laye, au Camp des Loges, le centre d’entraînement historique du club. Mais ça c’était avant.

Premier budget de France

Depuis la dernière inter-saison, tout a changé. Les matchs se déroulent désormais au Stade Charléty, situé à Paris intra-muros et qui peut accueillir jusqu’à 20 000 personnes. Ce n’est pas vraiment un stade de foot, il est plutôt vétuste et pas vraiment adapté pour les affluences moyennes du championnat, mais c’est avant tout un signe fort envoyé par les dirigeants. En évoluant dans une telle enceinte, Paris montre une volonté d’entrer dans une nouvelle ère et de former une équipe capable de rivaliser avec les Lyonnaises. Comme chez les hommes, l’objectif premier est de remporter le championnat puis d’envisager la victoire en Ligue des Champions à moyen terme. La section féminine a ainsi vu son budget passer de 1 à 4,5 millions d’euros. Alors qu’il était déjà largement supérieur à la moyenne du championnat, il est désormais plus important que celui des Lyonnaises qui disposent de 3,5 millions.

Une équipe devenue professionnelle

Cette augmentation de moyens s’est immédiatement répercutée sur le domaine sportif. Le club a enregistré l’arrivée de neuf joueuses. Parmi elles, les expérimentées Annike Krahn et Linda Bresonik qui comptabilisent à elles deux plus de 160 sélections sous le maillot de la Nationalmannschaft. Les dirigeants ont également enrôlé Lindsay Horan, une Américaine de 18 ans et Kosovare Asllani, une Suédoise qui n’a pas échappé aux médias qui l’ont vite comparée à son compatriote Zlatan Ibrahimović, star de l’équipe fanion. Toutes ces footballeuses viennent de pays piliers du football féminin. Pure coïncidence ou simple hasard ? En tout cas, ces arrivées devraient permettre une plus grande exposition médiatique pour le football français à l’étranger.
Autre fait marquant dans le recrutement, Paris a déboursé un million d’euros pour s’attacher les services de la Costaricienne Shirley Cruz. C’est la première fois dans le football féminin français qu’un transfert atteint un tel montant. Tous ces renforts s’ajoutent à un effectif déjà performant qui compte des internationales françaises comme Laure Boulleau et Jessica Houara. Pour les encadrer, le club a fait appel à Farid Benstiti, l’entraîneur qui a hissé l’Olympique Lyonnais en finale de Ligue des Champions 2010.
Par ailleurs, les vingt-et-une joueuses ont signé un contrat fédéral et sont à présent des footballeuses à plein temps complètement compétitives. L’équipe féminine du PSG est donc devenue la deuxième équipe du championnat à être entièrement professionnelle. Terminés les entraînements tard le soir après le boulot. Maintenant, les filles s’entraînent à 10h30 dans leur camp d’entraînement à Bougival, un peu comme l’équipe masculine.

Un nouveau souffle pour le championnat

Ces investissements ne profitent pas seulement au club. Rien de plus embêtant pour une compétition qu’une équipe qui domine outrageusement les débats depuis plusieurs années. Pour le spectacle et la dramaturgie du championnat, ce n’est pas l’idéal. En essayant de remettre en cause sur le long terme la suprématie de l’OL, sextuple champion d’affilée, le PSG pourrait donner un nouveau souffle à ce championnat qui a besoin de plusieurs locomotives pour voir son niveau global progresser. La D1 pourrait ainsi retrouver de l’intérêt et par la même occasion attirer les spectateurs dans ses stades.

Crédit photo : Wikimedia Commons/Pierre-Yves Beaudouin

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