The xx – Coexist : du réchauffé

Il y a trois ans, l’album éponyme du groupe The xx avait bouleversé notre culture musicale. Pour leur première fois, ils avaient créé un bijou. Intro, VCR, Crystalised, Islands, Heart Skipped A Beat… que du lourd. Chaque titre avait sa propre identité, son propre rythme, et pourtant ils ne formaient qu’un sur ce disque. Cette galette était délicieuse, c’était tout nouveau, ça frôlait la perfection, on pouvait l’écouter en boucle sans se lasser. Bref, c’était frais ! C’est exactement ce qui faisait à l’époque, et encore aujourd’hui, la puissance de xx : sa fraîcheur. Malheureusement, c’est ce qui manque à Coexist.

Dans ce dernier album, la bande à Jamie Smith reprend exactement la même recette, les mêmes ingrédients, mais visiblement la cuisson n’est cette fois-ci pas à point. Alors on a toujours cette belle impression qu’un souffle propulse à nos oreilles le son des guitares, des basses et des voix de Romy Madley Croft et Olivier Sim. Dans la forme, le rendu est plutôt bon. Forcément ! Les codes sont identiques. Même la pochette est quasi-inchangée ! Sauf que quand on compare tout ça au grand frère, il manque cruellement quelque chose. C’est simple, une fois Coexist écouté, on se demande si on a réellement tout entendu. Si on a bien en tête les singles Angels et Chained, ainsi que Reunion et Swept Away, les meilleures chansons, d’autres passent complètement au travers. Pourtant ce n’est pas mauvais. C’est le cas de Missing ou Unfold qui ne parviennent absolument pas à attirer notre attention, ce qui est tout simplement impossible dans le premier album. À tel point qu’on hésite parfois à zapper parce qu’un enchaînement de notes sans la moindre surprise ne peut coller avec un rythme lent. À la fin on se demande : c’est tout ? Et on se rend compte que cet album nous laisse un goût amer d’inachevé.

Finalement, la marche était trop haute. The xx n’a pas su répondre aux attentes des amoureux du premier chef d’œuvre. Certes, la tâche n’était pas aisée, mais le groupe s’est peut-être dirigé vers la mauvaise direction. Il fallait proposer quelque chose de nouveau. Se réinventer. Cet album fait penser à Valtari, la dernière production de Sigur Rós, qui lui aussi déçoit quelque peu parce que les précédents étaient extrêmement bons. En fait c’est ça : Coexist est moyen parce que xx est infiniment au-dessus.

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